Point de vue

Surface, un enjeu vital pour Microsoft

Technologie

Plus de deux ans après qu'Apple ait réussi à rendre populaire la tablette avec l'iPad, Microsoft s'apprête enfin à donner sa riposte, essentielle pour son avenir.

Par Eric Azara,

Avec l'iPad, Apple a réussi à séduire un public qui, pour ses taches quotidiennes (web, e-mail…) et ses envies de divertissement, préfère utiliser une tablette ludique et légère plutôt qu'un bon vieux PC de bureau.

Steve Jobs voyait là l'avènement de l'ère « post PC », comparant les micros ordinateurs à de gros camions. La tablette est pratique, facile à configurer et par conséquent peut même séduire les novices en informatique.

C'est donc un nouveau marché qui s'est ouvert dans l'industrie de l'informatique, un secteur où Microsoft ne peut s'empêcher d'être un acteur majeur pour continuer à exister.

Microsoft constructeur

On connaissait Microsoft fabriquant d'accessoires et de consoles, maintenant, voici Microsoft constructeur de « PC ». La firme de Redmond a pris le pari de concevoir elle-même sa tablette, un schéma similaire à celui d'Apple qui maitrise hardware et software, ce qui permet de garantir cohérence et stabilité à ses utilisateurs.

La tentative des « Tablet PC »

Chose peu connue du grand public, Microsoft n'en est pas à sa première expérience tactile. En 2001, alors qu'Apple travaille déjà sur son iPad, Microsoft présente la Tablet PC. Il s'agit d'un concept de terminaux disposant d'un clavier rétractable avec un écran tactile. Peu attractif, embarquant Windows, un système d'exploitation innadapté à l'époque pour un usage au touché, les Tablets PC resteront utilisées uniquement dans le milieu professionnel.

Windows 8, le choix de l'hybride

Avec Windows 8, Microsoft promet à ses utilisateurs une expérience à la fois tactile et sans compromis. Pour cela, deux environnements vont cohabiter : « Modern UI » et « Desktop ».

Ce que Microsoft nomme Modern UI, c'est l'interface tactile, basée sur un concept de tuiles dynamiques, empruntées à Windows Phone. Cette interface permet d'exécuter les applications de types tactiles qu'il sera possible de télécharger depuis un store.

Les tablettes équipées d'un processeur Intel pourront exécuter l'environnement Desktop (c'est à dire le bureau habituel de Windows avec la souris) et utiliser des applications traditionnelles, telles que Photoshop par exemple.

Windows Modern UI

Passer d'une tablette aux usages simples et ludiques à un mini PC pouvant exécuter de grandes applications s'avère être un argument de poids face à la concurrence. Reste à savoir si ce mélange d'interfaces tactile et traditionnelle ne déroutera pas les utilisateurs, novices comme avertis.

L'écosystème comme point faible ?

Le choix de la tablette que nous allons acheter est souvent influencé par l'écosystème que nous avons adopté.

Apple en est l'exemple le plus éloquent. Une personne possédant un Mac avec un iPhone et qui utilise les services iCloud / iTunes aura tendance à s'orienter vers un iPad pour la facilité de synchronisation entre appareils et les habitudes ergonomiques. Il en est de même pour les utilisateurs de smartphones Android et de services en ligne Google, qui privilégieront une tablette avec l'OS de ce dernier.

Musique et services en ligne, smartphones… voilà d'autres terrains que Microsoft doit également réussir à conquérir pour donner un point d'appui à Surface et aux autres tablettes Windows.

Un pari pour l'avenir

Avec Surface, Microsoft veut aussi rénover son image, montrer qu'il n'y a pas que Apple qui est capable de créer des produits au design soigné et fédérateur.

Après avoir accusé un grand retard dans l'univers des smartphones, Microsoft doit réussir à imposer la tablette « Designed for Windows » afin de rester un acteur majeur de l'informatique grand public pour la décennie à venir.

Photos : Microsoft
comments powered by Disqus