Assemblée nationale, des décennies de clashs

News

Les débats ne sont pas souvent vifs — il faut dire qu'ils tournent aussi toujours un peu autour des mêmes reproches d'un côté comme de l'autre — mais quand ils le sont, ils provoquent des réactions très fortes. Retour sur quelque clashs et tollés à l'Assemblée nationale.

Par Guillaume Barki,

François Baroin : La gauche est « arrivée au pouvoir par effraction »

L'ancien ministre de l'économie n'a pas l'habitude de monter le ton à ce point. C'est donc un peu maladroitement qu'il dénoncera « les vielles lunes » socialistes en accusant l'opposition d'être arrivée au pouvoir par effraction durant les élections législatives de 1997. Il reviendra sur ses propos, mais à ce moment-là, les socialistes ont quitté l'Assemblée.

Christine Boutin / Lionel Jospin : « Une députée marginale »

Les lois sociétales provoquent toujours de vifs débats et permettent à chacun des deux camps, tantôt de décridibiliser l'un, tantôt de rabaisser l'autre. Et c'est en costume tois-pièces — était-ce à nouveau la mode, à l'époque ? — que l'ancien premier ministre dénonce le sectarisme de la droite sur la question du PACS et s'en prend à Christine Boutin.

François Hollande / Dominique De Villepin : « On ne peut pas mélanger les carottes et les choux-fleurs »

Le ton insistant, l'accentuation des mots. L'ancien premier ministre veut marquer l'attaque de son regard. Sur le fond, il s'agit pourtant d'une grosse ficelle, accuser son adversaire de mentir. Les socialistes quitteront à nouveau l'hémicycle.

Raymond BARRE / Pierre Mauroy : « C'est un faux procès. »

Je vous propose de voir ce que l'on appelait un « clash » à l'Assemblée en 1984. Vous remarquez l'ambiance extrêmement studieuse des députés à chaque intervention.

Voir la vidéo sur Ina.fr

Claude Guéant / Serge Letchimy : « Vous nous ramenez jour après jour à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration »

Cette fois, c'est la droite qui quittera l'Assemblée. Après de nombreuses polémique autour du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant est à nouveau l'objet des critiques à cause de ses propos : « Toutes les civilisations ne se valent pas. ». Le prenant d'abord avec humour, il se joindra aux députés de sa majorité.

Pour la route, sachez que de nombreuses décennies durant les propos à l'Assemblée étaient certes mieux écrits, mais beaucoup plus violents que cités au-dessus. Certains ministres ou députés n'ont pas hésité à se lancer des noms d'oiseaux pendant leurs prises de paroles.

Photo : Wikimedia Commons
comments powered by Disqus