Décryptage

Stade de France : Échec et match ?

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C’est un dommage collatéral du divorce entre la Fédération Française de Rugby et la direction du Stade de France : la création d'un grand stade à Évry, qui semble mettre en péril l’avenir de celui construit pour le Mondial de 1998.

Par Simon Carton,

On ne le sait peut-être pas, mais la Fédération Française de Rugby (FFR) est la seconde puissance économique du sport français. Et la location du Stade de France coûte cher à la Fédération qui estime s’être fait avoir, en payant un loyer bien trop onéreux. Par conséquent, elle décide de prendre les devants.

Le Stade d’Evry, estimé
à 600 millions d’euros,
sera entièrement financé
par des fonds privés.

L'idée est donc de construire un nouveau grand stade en Île-de-France, entièrement détenu par la FFR. Un projet colossal, estimé à environ 660 millions d'euros, d'une capacité de 82 000 places — soit 2 000 de plus que le Stade de France — et dont la surface sera intégralement couvrable. Le tout financé entièrement par des fonds privés.

Construit sur l'actuel ancien hippodrome d'Evry, au sud de Paris, le stade implique cependant la construction d’infrastructures de transports qui devront, elles, être financées par des fonds publics. Par ailleurs, le projet ne se situe pas sur la carte du grand Paris.

La guerre des stades

Du côté de la direction du Stade de France, on fait grise mine, ce dernier construit pour la Coupe du Monde de 1998 accueille depuis de grands événements, et l'annonce d'un concurrent de taille à quelques kilomètres n'est pas vue d'un très bon œil.

Il n'y a pas de place pour deux grands stades. Si le SDF et le stade de la FFR doivent cohabiter, les deux mourront.

Philippe Auroy, Directeur général délégué du Stade de France.
Bouygues, Vinci et l’État
ont négligé les menaces
de séparation de la FFR avec le SDF.

Les menaces de séparation de la Fédération adressées au Stade de France n'ont pas été suffisamment prises au sérieux ces dernières années. Les deux concessionnaires Bouygues et Vinci qui gèrent aujourd'hui le Stade de France, tout comme l'État propriétaire, n'ont rien vu venir, et se retrouvent aujourd'hui dans une situation très préoccupante.

En effet, le grand stade d'Evry pourrait rafler une grande partie des matchs du Stade de France et des concerts en proposant une structure beaucoup plus moderne et surtout moins cher à la location.

Mais le match ne s'arrête pas là, et les problèmes jouent les prolongations.

Les stades se multiplient
mais le nombre de matchs ne bouge pas
et le nombre de concerts diminue.

Le grand stade de Lille Métropole, inauguré il y a quelques semaines, à une heure de Paris en TGV, possède une capacité de 50 000 places. Le Stade Français lui, agrandit et modernise le Stade Jean Bouin situé à quelques mètres du Parc des Princes. Mais si les stades se multiplient, le nombre de matchs, lui, ne bouge pas. Pire encore, le nombre de concerts dans les stades est en constante diminution.

Du côté de la direction de la FFR, on reste très optimiste et l'on souhaite l'inauguration du grand stade d'Evry au plus vite — un premier calendrier laisse espérer une mise en service pour 2017.

Le Parc des Princes sur la sellette

On a appris la semaine dernière que les dirigeants qataris du PSG avaient pris contact avec la FFR au sujet du grand stade d'Evry. Ils souhaitent eux aussi engendrer davantage de recettes sur les matchs.

Pour le PSG, le Parc des Princes
ne permet pas encore de tirer
assez de profits.

Des projets d'extensions du Parc des Princes sont cependant à l'étude. Mais la ville de Paris ne voit pas cet agrandissement de manière aussi vaste que le PSG. Par ailleurs, les travaux ne sont pas prévus avant l'Euro 2016.

Il reste une possibilité pour le club parisien, si le rapprochement avec le stade d'Evry ne se concrétise pas : racheter le Stade de France et ses 80 000 places. Dans ce cas, ce serait au tour du mythique Parc des Princes d'être en difficulté…

Photo : The Daily French
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