Point de vue

Et Twitter révolutionna la télévision ?

Technologie
Par Eric Azara,

Le principe d’interactivité à la télévision, c’est une longue histoire faite de nombreuses tentatives et... de nombreux échecs. Bien que la télévision soit un média à sens unique – « Nous parlons, vous écoutez » – elle a toujours tenté au fil des années et en fonction des possibilités technologiques de donner la parole à ses téléspectateurs.

En matière d'échange avec l’audience, seule la radio peut se permettre d’entamer un long dialogue avec son audience. La matière sonore suffit, contrairement à la télévision où l’absence d’image pendant une conversation de plusieurs minutes se ferait sentir longuement par les téléspectateurs et présentateurs. La difficulté de la télévision résulte principalement à faire dans le court.

L’avant Twitter

Donner la parole au téléspectateur : une bonne volonté qui ne date pas d’aujourd’hui ! Pour retrouver les premières tentatives de dialogue entre présentateurs et téléspectateurs, on peut remonter jusqu’au milieu des années 1980. La France est alors à l’apogée de sa fierté technologique avec le Minitel. Ce dernier trouvera notamment sa place au sein des JTs, où les téléspectateurs pourront répondre à la question du jour. Aujourd’hui, on trouve encore le même procédé dans les JTs de M6 et sur BFMTV, seul le moyen de vote a changé, nous sommes passés du 3615 au WWW.

Après l’ère du sondage télématique — contraction de « télé » (du latin « lointain ») et « informatique » — la France découvre au début des années 2000 la révolution du SMS. Plus courrament appelé dans l’hexagonne « texto », il n’aura pas fallu longtemps pour voir la technologie s’intégrer à de nombreux concepts d’émissions. « On ne peut pas plaire à tout le monde », « C dans l’air »... et bien d’autres baseront le ton et le rythme de leur émissions s’appuyant sur les messages envoyés par les téléspectateurs.

Et Twitter fût…

La forme de dialogue avec Twitter est relativement proche du SMS. 140 caractères pour l’un, 160 pour l’autre, ce qui incite à faire court et c’est ce qu’il faut pour le format télévisuel. Bien que le rendu d’un tweet au petit écran soit le même que pour un SMS de l’époque — affiché en bandeau ou bien lu par le présentateur — la vraie révolution se passe avant et après la diffusion de l’émission.

Au-delà d’une simple prise de « parole » à l’antenne de la part du téléspectateur que peut offrir un SMS, le tweet permet d’engager une relation avec les présentateurs, les chroniqueurs et les chaînes. Il est ainsi possible de poser des questions directes aux acteurs des programmes, donner un avis qui sera écouté et auquel on obtiendra la plupart du temps une réponse.

Ce que l’on doit retenir de l’arrivée de Twitter dans le PAF, ce ne sont donc pas les 140 caractères de gloire offerts aux téléspectateurs, mais la possibilité d’échanger aisément avec les acteurs du PAF, qui paraissaient jusqu’à présent inaccessibles. Ajoutons aussi l’adoption rapide et pour le moins surprennante de ce moyen de dialogue numérique, dans un paysage audiovisuel souvent réfractaire à tout ce qui provient d’Internet et des nouvelles technologies.

Et si se trouvait là le début d’une petite révolution télévisuelle ?

Couverture : The Daily French
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