Point de vue

Pourquoi la côte de Hollande ne remonte pas ?

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À la veille des 9 mois de François Hollande à l'Élysée, l'actualité du chef de l'État peine à le faire remonter dans les sondages. Pourquoi son action et celle du gouvernement continuent de la maintenir aussi bas dans l'opinion ?

Par Guillaume Barki,

On ne le fait jamais assez, parlons du Président ! Comment va-t-il ? Bien, il semble. Le sourire était de mise pendant son voyage au Mali. Il s'y est d'ailleurs vu offrir un chameau, en remerciement de l'intervention de la France lancée il y a un mois. De son sens de la répartie, le chef de l'État a joué : « Je m'en servirais autant qu'il sera possible pour mes déplacements ».

Les sondages n'ont donc pas l'air d'affecter François Hollande. Ils sont pourtant bas. Malgré l’intervention au Mali, malgré la population et la classe politique majoritairement favorable au « mariage pour tous », le Président n’est pas suivi dans l’opinion. À l'international, on lui reproche également son silence et sa discrétion.

Chez le Président…

Les premiers mois ont été minés par les couacs et le manque de ligne claire. De la base électorale aux partis qui le soutenaient, plus personne n'a vu où il voulait aller. Quant à ceux qui n'avaient pas voté pour lui, la défaite était trop fraîche pour lui accorder quelconque crédit.

En zig-zagant sur le « mariage pour tous », Hollande s’est privé d’un effet rétroactif sur sa côte de popularité.

Ce manque de lisibilité s'est retrouvé dans le débat sur le « mariage pour tous ». Après en avoir fait l'engagement 31 de ses 60 promesses, la proposition (depuis retirée) d'une « liberté de conscience » pour les maires, permettant de déléguer l'exécution du mariage à un adjoint, a provoqué un tollé et l'a décridibilisé sur un cheval de bataille très utile.

Le « mariage pour tous » est à François Hollande ce que l’abolition de la peine de mort était à François Mitterrand. Pourtant, le Président ne semble pas vouloir défendre avec ses tripes le projet de loi.

Une stratégie ?

Ce flou, cette incertitude apparente ou cette retenue ne peuvent-être qu'un stratagème, rien d'autre. Jouera-t-il dans cinq ans la carte du Président qui, après contestation à droite et contestation à gauche, a mené une politique juste car, en quelque sorte, centriste ? Nul doute là-dessus. Mais les résultats seront seuls capables de garantir un regain de confiance du peuple pour François Hollande.

Dessin : Guillaume Barki
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