L'édito

Cahuzac, confiance en décroissance

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Parce qu'une polémique en chasse une autre, le possible passage de 2 mois à 6 semaines de la période de vacances d'été fait oublier les récents rétropédalages du gouvernement sur l'économie. Le déficit à 3% ne sera pas assuré, le chômage ne baissera qu'en 2014 minimum et les prévisions de croissance sont à nouveau revues à la baisse. Voici l'édito de Guillaume Barki.

Par Guillaume Barki,
L'édito,
Guillaume Barki

Après avoir défendu ses prévisions de croissance contre celles du FMI, de la OFCE, du consensus forecast et de la Cour des Comptes, le ministre du Budget Jérôme Cahuzac nie le fait que ces organismes aient jamais prévu des chiffres aussi bas. Depuis 30 ans, tous les gouvernements successifs nous jouent le même tour. Leurs prévisions de croissance sont surévaluées en début d'année, pour finir à un niveau encore plus bas que les prévisions des organismes indépendants. Mais dans quel but ? Rassurer l’opinion ? Peut-être.

Depuis 30 ans, c’est surtout la Bourse qui est au centre des inquiétudes des gouvernants. On pense aujourd’hui à tort que l’on rassure les investisseurs et les entreprises avec de tels mensonges. Qu’à coup de pacte pour la compétitivité, d’austérité toujours confortée, on évitera de miner une économie qui a déjà du plomb dans l'aile. La méthode n’est pourtant qu’un cercle vicieux. La vrai remède est la confiance, car le marché est avant tout une question de confiance.

Comme dans n’importe quelle entreprise, il appartient aux responsables de l’Etat de rendre compte le plus honnêtement possible d’une situation. Mais il dépend aussi de nos gouvernants de faire preuve d’une humilité bien trop rare. Dire « je ne sais pas » ou « nous nous sommes trompés » n’est pas signe d’un échec, mais la preuve d’une sincérité et d’un pragmatisme qui permettrait de renouer un peu de confiance entre les politiciens et acteurs économiques, mais surtout entre politiciens et citoyens.

Dessins : Guillaume Barki
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