Point de vue

Sarkozy aurait-il mieux fait que Hollande ?

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Revenu sur le devant de la scène il y a une semaine, Nicolas Sarkozy pose dans le dernier numéro de Valeurs Actuelles les conditions d'un éventuel retour. L’occasion de se demander si l’ancien président aurait mené une meilleure politique que son successeur, François Hollande.

Par Guillaume Barki,

La semaine dernière, un sondage BVA montrait que 51% des Français pensaient que Nicolas Sarkozy aurait « plutôt mieux fait » que François Hollande. Pourtant, depuis dix mois, le chef de l’État est accusé par son propre camp de mener la même politique économique que la droite.

Il conforte la rigueur comme son prédécesseur. Il fait voter un « Pacte pour la compétitivité », thème de campagne favori de son adversaire. Enfin, il recule peu à peu sur tous ses pronostics de croissance. Mais l’ancien président aurait-il fait mieux que l’actuel chef de l’État ?

« Tous les mêmes ! » ?

Ça dépend évidemment de ce que l'on appelle « mieux ». Aujourd’hui, la tendance est surtout à se demander s’il aurait fait « différemment ».

Probablement sur la fiscalité. Si le président Sarkozy avait été obligé de demander comme le président Hollande 30 milliards d’euros d’économies, peut-être aurait-il fait peser 20 milliards sur des restrictions budgétaires et 10 milliards sur les impôts. Aujourd’hui, ce sont les prélèvements qui pèsent pour 20 milliards et les dépenses en moins qui représentent 10 milliards.

La grande fracture entre Hollande
et Sarkozy, c'est la fiscalité

Incontestablement, moins de fiscalité aurait créé plus de confiance. Et la confiance étant la clé en économie, force est de constater qu'un allant a été cassé. S’il est donc aujourd’hui admis que de nombreux entrepreneurs partent à l'étranger, il faut reconnaître à Nicolas Sarkozy que, non grâce à son action, mais plutôt par le ton et l’énergie qu’il y mettait, son mandat avait été l’occasion de l’émergence d’un petit climat de starters, de financiers et d’entrepreneurs divers.

Ayant pointé cette différence, il faut quand même avouer que les grandes mesures économiques suivent la même logique. Et le seul problème de François Hollande est de ne pas assumer le changement de cap. Obligé de ramener à la baisse ses prévisions de croissance, si faible en France et quasi-absente en Europe et surtout contraint de reporter ses objectifs d’amélioration de l’emploi à 2014.

Parti pris

C’est ce qui explique peut-être pourquoi les Français sont aujourd’hui plus sévères avec Hollande qu’avec Sarkozy.

Chez l’ancien président, la baisse des dépenses, les économies, la baisse du nombre de fonctionnaires était assumée. Pour l’actuel chef de l’État, tout cela perdure mais semble être subi. L'austérité semble lui tomber dessus, comme s'il ne l'avait pas prévue. La rigueur n’est pourtant pas la seule chose mise en place par l'exécutif. Mais les grandes mesures du début de mandat ont créé une fracture avec la politique promise pendant la campagne électorale.

Sarkozy assumait la rigueur,
Hollande semble la subir et se renier.

Quand son prédécesseur mettait en place la défiscalisation des heures supplémentaires (« Travailler plus pour gagner plus ») il était en phase avec ses promesses électorales. Quand le Président Hollande met un genou à terre face à la révolte des « Pigeons », fait voter 20 milliards d’euros pour la compétitivité, ainsi qu’un traité européen sans promesse de croissance et négocié par ses prédécesseurs, il renie tout ce face à quoi il avait promis de ne pas céder.

Dessin : Guillaume Barki
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