Décryptage

L'attentat de Boston et l'utilité de Twitter

News
Par Alexandre Foucault,

Twitter ne sert pas qu’à donner son avis sur les programmes qui passent à la télé, partager des vidéos et images, ou encore créer des hashtags débiles. C’est aussi une véritable plateforme d’échange d’informations, qui peuvent être importantes lors d’événements exceptionnels.

C’est le cas depuis lundi soir. Vous n’avez pas pu passer à côté de l’attentat qui s’est produit sur la ligne d’arrivée du marathon de Boston. Les images en direct des conséquences de ce drame sont arrivées en quelques minutes sur les chaines d’information partout dans le monde. Mais les premières sont apparues via Twitter.

Twitter : plus vite que l’éclair

C’est dans un cas comme celui-là que l’on se rend compte de la place que Twitter a pris dans nos sociétés actuelles. En moins de 20 secondes, l’information était en ligne, et surtout relayée en masse partout dans le monde. Si les twittos font le tri lorsqu’il s’agit de publications banales ou qui n’ont que peu d’importance, celles qui sont dramatiques, qui touchent à la sécurité d’un pays, sont reprises par tous ou presque.

Les tweets de témoins viennent donc s’ajouter comme une nouvelle source, en plus des journalistes présents sur place.

Leur particularité : ils sont au « coeur de l’événement », là où l’accès peut-être interdit aux médias traditionnels. Ces messages sont également sans filtre, bruts, ce qui constitue à la fois leur principal avantage (il n’y a pas de filtre, donc une rapidité extrême de diffusion de l’information) et leur principal inconvénient (des fakes sont possibles).

Twitter et les autorités

Tout cela, nous le savions déjà. Les effets de Twitter en cas d’urgence sont montrés régulièrement. Mais, quelque chose de nouveau s’est produit avec l’attentat de Boston : les autorités se servent désormais de Twitter comme un double-outil.

D’abord, un outil de communication auprès du public. Sont apparus les bilans officiels provisoires, constamment mis à jour, et également des instructions à destination des personnes présentes sur place. « Merci de laisser la zone autour de la ligne d’arrivée libre » disaient-ils.

Ensuite, un outil d’information pour l’enquête. La police a, en effet, demandé, via Twitter, à toutes les personnes en possession de vidéos des explosions de les fournir aux autorités pour qu’elles soient analysées. Une démarche appuyée par le FBI.

Si l’information devient immédiate, l’impact mondial est également très fort et puissant. C'est un peu l'effet pervers de la rapidité, de l'absence de filtres et de l'effet de masse de Twitter. Aussi nous pouvons penser que les terroristes sont entrain s’adapter aux évolutions technologiques. La preuve, cet attentat a fait le buzz.

Ce que l’on peut craindre désormais, c’est que les prochaines attaques aient lieu dans des endroits où la concentration de smartphones est grande, pour que l’information ait le même effet que la bombe.

Photo : Rebecca Hildreth (Flickr — CC BY-NC-SA 2.0)
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