Critique

Man of Steel : quand The Dark Knight rencontre 300

Culture

C’est aujourd’hui que sort en salles le reboot de la franchise Superman. Le film est chargé de célébrer le 75ème anniversaire de l’Homme d’acier.

Par Guillaume Barki,

L’enjeu était de taille, l’équation risquée. Rééchanter le mythe Superman après 30 ans de suites et de reboot décevants. Et puisque l’objectif était le même que pour Batman (sauver un super-héros de la ringardise dans laquelle il était tombé), on retrouve logiquement Christopher Nolan (The Dark Knight) ainsi que Zack Snyder (300) aux commandes de ce reboot.

Côté casting, l’irréprochable Henry Cavill (The Tudors) joue l’Homme d’Acier aux côtés d’une Amy Adams qui incarne une Lois Lane obstinée dans sa recherche de l’identité de Superman.

La première chose intéressante tient dans la synthèse parfaite qu’est le film entre The Dark Knight de Chris Nolan et 300 de Zack Snyder. Ici, Superman prend un tournant beaucoup plus psychologique, tout en misant sur ce qui fait le succès des superproductions hollywoodiennes.

Difficile, d’ailleurs, de ne pas résumer le film à ses scènes d’action toutes aussi spectaculaires que longues. Et c’est le risque permanent de Man of Steel : tomber dans la séquence de combats trop longue et ne se laisser résumer que par ces séquences. Certainement la volonté des producteurs de compenser le manque d’action reproché au précédent reboot de 2006.

Inutile de rappeler que côté effets spéciaux, tout le monde est servi. Les combats, la ville, la forteresse de solitude, les séquences de vol (la musique de Hans Zimmer n’est pas non plus étrangère à l’atmosphère prenante)... jusqu’à la cape de Superman qui est certainement la plus belle cape de l’histoire du cinéma !

La revanche de Superman

Le film est une pure et simple revanche pour l’Homme d’acier. Son secret : trancher avec ce qui avait été fait auparavant sur Superman. Faire repartir la franchise de zéro, et réaliser quelque chose de plus frais que le reboot de 2006 pour lequel les producteurs avaient absolument voulu réutiliser la musique des années 70-80, trouver un sosie de l’acteur de l’époque, garder le fameux slip rouge sur le costume, présenter l’histoire comme une suite au film de 1980...

Intégrer le réalisme de Batman dans un conte aussi grand public et SF que Superman était risqué.

Pourtant, il était difficile d’apporter le réalisme d’un Batman nolanien dans un mythe aussi grand public et emprunt de science-fiction. Mais l’évolution psychologique de Clark Kent découvrant ses pouvoirs, puis érant en Amérique (à la manière d’un David Baner faisant du stop à chaque fin d’épisode dans la série l’Incroyable Hulk) est habilement abordée.

Le film est cependant loin d’atteindre la complexité des derniers Batman. La trilogie Dark Knight misait sur le super-héros pour révéler les failles d’une société au bord du gouffre et hantée par la peur de tout perdre. Pourtant, le potentiel est là : le film joue à visage découvert la carte de la fable écologiste avec le discours du père de Superman (Russel Crowe) et l’environnement vegetalo-futuriste de Krypton qui n'est pas sans rappeler l'Avatar de James Cameron...

Peut-être une technique pour mieux vendre la 3D qui n’apporte, une fois encore, pas grand chose... Quant à savoir si ce reboot de la franchise Superman connaîtra le même succès...

Photo : © Warner Bros
comments powered by Disqus