Point de vue

Et si on téléphonait au même prix partout en Europe ?

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Depuis le 1er juillet, les Français téléphonent à moindre frais lorsqu’ils voyagent dans les pays de l’Union Européenne. Mais il reste encore du chemin avant l’éventuelle fin d’une surtaxe des appels en dehors de l’hexagone.

Par Guillaume Barki,

Si vous êtes en vacances à l’étranger, sachez tout d’abord que nous vous envions. Sachez ensuite, que depuis hier le prix de vos communications et SMS depuis les pays de l’Union Européenne a baissé. Désormais, il coûte moins cher d’effectuer (24 centimes/minute HT) ou recevoir un appel (7 centimes/minute), d’échanger des SMS (8 centimes) ou encore d’aller sur internet (45 centimes le mégaoctet).

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, la Commission espère d’ici 2014 la fin du « roaming », cette surtaxe qui fait payer davantage les citoyens de l’UE dès qu’ils sortent de leur pays d’origine. Mais la partie est loin d’être gagnée...

Ces opérateurs, quels sont leurs réseaux ?

Tout d’abord, même si les opérateurs peuvent eux aussi proposer des tarifs inférieurs à ce plafond européen, ça ne sera pas le cas en France. Nos opérateurs préfèrent pour le moment mettre en place des “packs” à la journée, au week-end ou à la semaine. Réduire les tarifs pour l’étranger, c’est réduire une marge importante dégagée par cet usage.

Pire, pour compenser cette future perte, les opérateurs ont déjà augmenté les tarifs de communication des pays hors-UE. C’est le cas par exemple de Free Mobile qui a dans le même temps augmenté les tarifs des appels passés depuis l'Afrique du Sud vers la France de 1,75 €/minute à 2,19 €/minute.

Les tarifs baissent pour l'Europe
mais augmentent pour le reste du monde.

Enfin, il ne fait aucun doute que les opérateurs pratiqueront le lobbying s’agissant des futurs lois de Bruxelles. Neelie Kroes, la commissaire chargée des nouvelles technologies, veut en effet présenter au plus vite un arsenal législatif visant à abolir complètement les coûts d'itinérance dès 2014. Si en France on ne mesure pas la puissance des loobies, leur influence au Parlement européen est connue de longue date.

L'Europe peut servir à quelque chose

L’idée de l’espace Shengen était bien celle-ci : assurer la libre circulation des hommes, des marchandises et des capitaux. Aujourd’hui malgré cela, malgré la monnaie unique, malgré les liens culturels mondialisés, une grande part des Français ne se sentent pas européens. Pire encore, depuis qu’elle est embourbée dans la crise, l’Europe donne le sentiment de ne servir à rien, et d’être souvent davantage un problème qu’une solution.

Une grande part de Français ne
se sentent toujours pas européens.

En ce sens, la fin du “roaming” ne serait qu’une suite logique de l’espace Shengen et de l’idéal européen : un espace de libre-expression et de libre-circulation pour les citoyens. Ce sont les petites choses qui font les grands déclics.

Illustration : Guillaume Barki
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