Décryptage

TPMP : Les ingrédients de la révélation de l'année

Culture

La première année de Touche Pas à Mon Poste sur D8 s’est achevée cette semaine. Après une saison qui aura sacré le programme révélation de l’année, retour sur ce qui a fait le succès de l’émission.

Par Guillaume Barki,

La France a redécouvert la bande. Longtemps cantonnée à la radio, on se souvient surtout de la fameuse « bande à Ruquier » à la TV. Cyril Hanouna reconnait d’ailleurs s’en être inspiré. Dans une interview à PureMedias.com le 5 mars dernier, l’animateur de Touche Pas à Mon Poste disait : « [Laurent Ruquier] a réussi à faire un vrai casting dans lequel on a envie d'être pote avec untel ou untel. » Car au-delà de la diversité des chroniqueurs (critique, producteur, humoriste...), ce sont leur tempérament qui sont complémentaires.

Chaque spectateur peut se reconnaître
dans l’un des chroniqueurs.

Grandes gueules, blagueurs, studieux... L’objectif est atteint : que chaque spectateur se reconnaisse dans le tempérament d’un des protagonistes de l’émission. Dans ces tempéraments, il y a notamment les losers. Ils ne sont pas des perdants finis, mais on a de l’empathie pour eux. Pour Jean-Michel Maire et ses échecs en amour. Pour Thierry Moreau et ses jeux de mots en carton. De quoi créer l’événement quand le chroniqueur, et patron de Télé 7 Jours, assure le remplacement de Cyril Hanouna pour la dernière de la saison.

TPMP, Populo ?

Cette bande a d’ailleurs une image bien différente de celle des autres présentateurs du PAF : elle se veut proche des gens. Au-delà des tempéraments donc, l’attitude avec le public qui vient sur le plateau chaque soir est aussi inédite. A l’issue de la dernière de la saison, la plupart des chroniqueurs sont restés devant l’immeuble de D8 à signer des autographes, discuter avec les spectateurs, fumer une cigarette avec eux...

Le soir, après l’émission, des chroniqueurs restent pour signer des autographes, discuter ou fumer une cigarette avec les spectateurs

Ce parti pris se ressent même à l’antenne. Le jour où une intermittente du spectacle est arrivée en pleine émission, Cyril Hanouna a amorti l’incident en se rangeant presque du côté de l'intermittente. « Tu aurais du me dire ! Pourquoi tu m’as pas prévenu ? » a tempéré ce jour-là le présentateur pour conclure l’intervention de la jeune femme. L’extrait a été coupé au montage pour le replay, mais le style TPMP demeure : « On dit tout ce qui se passe, même hors de l’antenne. On lit tous vos messages sur les réseaux sociaux. » se targue souvent l’animateur.

Du talk à la TV française

Et peu à peu, Touche Pas à Mon Poste devient addictif, se posant en rituel de jeunes parisiens comme de jeunes de province. The « show to watch » comme les Guignols le furent il y a 15 ans ou le Petit Journal il y a 5 ans. Dans un contexte concurrentiel assez clément malgré tout. Cette année, les « access » (ndlr : émissions dans la case 19h/20h) des autres chaînes n’ont pas trouvé leurs marques, furent en perte de vitesse ou se sont même totalement arrêtés.

Du talk en live en deuxième partie
de soirée (voire en prime-time)

Quant à vous qui rentrez tard à la maison et qui zappez sur la trentaine de canaux de votre poste, quand partout vous ne tombez que sur des rediffusions de films, de documentaires, de séries ou de reportages... Un peu de live et de talk en deuxième partie de soirée (voire en prime-time), ça ne fait pas de mal.

Ça manquait même cruellement. Mais si le succès de Touche Pas à Mon Poste est indéniable, il est surtout conjoncturel. L'annonce, entre autres, d'un nouveau Grand Journal à la rentrée avec Antoine de Caunes aux commandes remet le programme sous la pression de la concurrence.

Crédits photo : © Augustin Détienne / D8
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